Pour la première fois, à l’occasion de sa 30e saison, les « Concerts à La Goulue » vont émigrer, oh, pas très loin: au Temple de La Chiésaz, à St-Légier. Co-organisée avec les « Concerts de La Chiésaz », cette soirée musicale accueillera la Chapelle Saint-Marc et la violoniste soliste Sue-Ying Koang, accompagnée par Jean Halsdorf, violoncelle, Parsival Castro, théorbe et guitare et Vincent Bernard, clavecin et orgue, et direction artistique.
Un programme ad hoc sera mis sur pied pour cet événement musical. Intitulé « Un Grand Tour en musique », il dépeint le « Grand Tour » que fit Friedrich August de Saxe à travers l’Europe aristocratique entre 1711 et 1719 (voir suite du texte plus bas).
Le Grand Tour était un voyage éducatif et culturel effectué par les jeunes princes et aristocrates européens, destiné à parfaire leur formation politique, artistique et musicale en visitant les grandes cours et capitales d’Europe. Ce programme suit le Grand Tour de Friedrich August de Saxe, fils d’Auguste le Fort et futur Auguste III de Pologne, à travers l’Europe aristocratique du début du XVIIIᵉ siècle. Avec quelques-uns de ses musiciens de la cour de Dresde (dont le violoniste Johann Georg Pisendel durant une partie du voyage), il parcourt villes et cours, assistant aux concerts et découvrant les styles autrichien, italien, français et néerlandais.
Le voyage commence à la cour des Habsbourg de Vienne, où Biber et ses sonates virtuoses incarnent l’exubérance baroque autrichienne. Il se poursuit avec Corelli à Rome, où le prince-héritier se convertit au catholicisme, puis à Paris et Versailles, où la musique de Sénaillé reflète le raffinement de la cour des dernières années de Louis XIV. Aux Provinces unies (actuels Pays-Bas), Friedrich August de Saxe découvre un univers bien différent de la vie de cour versaillaise et s’initie à des problématiques liées aux finances, au commerce et à l’urbanisme. La musique peu connue de Sybrandus van Noordt témoigne de l’originalité du style néerlandais. Le périple passe ensuite par l’Italie et Venise en particulier, où Pisendel devient l’élève de Vivaldi et rencontre Albinoni qui lui dédie plusieurs œuvres, avant de s’achever par le mariage du prince-héritier à Vienne, où le maître de chapelle tout récemment nommé, Antonio Caldara, illustre le goût galant des intérieurs princiers. Chaque étape de ce programme reflète le mélange des styles et des influences rencontrées par le prince et son violoniste, offrant un véritable portrait musical de leur voyage européen.
Programme (Sonates pour violon et basse continue):

